EAC : cinglant camouflet de Taoufik Hejira
Jeudi, 02 Juillet 2009 00:41

La récente reconnaissance officielle au sein même du parlement de Taoufik Héjira de l’École d’Architecture de Casablanca met fin à la cabale orchestrée par le Conseil National de l’Ordre des Architectes. Une belle occasion de reprendre une maxime de Warren Buffet : « Quand la mer se retire, on voit ceux qui se baignent nus ». Constatant le manque flagrant d’architectes exerçant au Maroc tant dans le secteur privé que public, le ministère de l’Habitat a lancé, il ya 5 ans, avec celui de l’Enseignement supérieur, un appel d’offres pour la création d’une école privée d’architecture. Cette initiative a permis la création de l’EAC à Casablanca, dirigée par des architectes expérimentés de renom, tels Aziz Lazrak, Abdelmoumen Benabdeljalil, Abderrafi Lahbabi… Contre toute attente, alors que son devoir est de l’aider, cette école a subi une campagne de dénigrement conduite par le Conseil national des architectes avec à sa tête Omar Farkhani, qui s’est impliqué personnellement en écrivant aux architectes des courriers qui remettent en cause le principe de l’enseignement privé de l’architecture. L’association des parents d’élèves, au départ solidaire du corps enseignant et dirigeant de l’école, s’en est désunie pour appuyer les thèses fallacieuses du Conseil national des architectes. Des parents dans le désarroi qui cherchaient, en vain, une bouée de sauvetage. Tout ce branle-bas a eu pour conséquence une forte déstabilisation de l’EAC : abandon d’élèves, départ de certains pour l’étranger, démobilisation générale. Bien entendu, malgré une campagne de communication fort coûteuse, la rentrée 2008/2009 fut catastrophique puisque l’école n’a enregistré que 20 inscriptions. Le travail de sape des élus nationaux des architectes avait fait ses ravages. C’était sans compter sur la persévérance et la perspicacité des dirigeants de l’EAC dont il faut saluer le courage et le sang-froid. Leur juste cause fut entendue jusqu’à l’enceinte du Parlement. C’est ainsi qu’en réponse à deux questions orales posées par deux représentants, Mohamed Zekrani, du groupe constitutionnel, et Selwa Karkari, du groupe socialiste, lors de la séance parlementaire du mercredi 5 novembre, le ministre Taoufik Hejira a déclaré : « Le Maroc ne disposait que d’une seule école d’architecture publique, l’ENA, qui formait auparavant une quarantaine d’architectes par an. Après un effort remarquable, elle arrive aujourd’hui à en former 70 : un nombre insuffisant pour un pays dynamique tel le Maroc et insuffisant pour satisfaire les besoins des collectivités locales du secteur privé et de l’État ». Après avoir expliqué les conditions de la création de l’EAC, le ministre a ajouté : « Cette école (l’EAC) est reconnue par l’État puisqu’elle répond à une volonté gouvernementale. Son dossier est suivi par le ministère de l’Habitat et de l’Enseignement supérieur, et elle bénéficie d’un contrôle et d’un encadrement permanent de la part de l’ENA ». Le ministre a expliqué par la suite que l’équivalence était donnée année après année et que celle de la 4e année était en cours d’obtention. Se voulant rassurant, il a tenu à répéter : « (…) C’est aujourd’hui l’État qui confirme que le diplôme de l’EAC va être reconnu. (…) Cette assemblée au parlement est une occasion pourtranquilliser l’opinion publique au sujet de la reconnaissance du diplôme de l’EAC ». Cette intervention officielle et publique du ministre de tutelle met fin à l’agression caractérisée du Conseil national des architectes contre les dirigeants de l’EAC. Ces derniers doivent maintenant s’atteler à réparer les torts, notamment en termes d’image. Concernant les instances ordinales nationales : c’est le mutisme total. C’est la meilleure attitude à adopter, car « seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse » comme le dit si bien le poète.

 
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