Déficit d’ingénieurs : le privé se mobilise pour réduire l’écart.
Lundi, 30 Juin 2008 01:08
     


Des professeurs et ingénieurs chevronnés, reconnus par leur compétence et leur connaissance du terrain, se réunissent pour former la première école privée d’ingénieurs du Maroc dans le secteur du BTP: l’E.M.G. Cette initiative est à applaudir et à encourager tant notre déficit dans ce corps de métier est grave. L’ouverture est prévue à la rentrée de septembre. Le Maroc souffre gravement, dans tous les domaines de l’économie, d’un déficit d’ingénieurs. Dans le BTP le problème est très grave puisque seules deux trois écoles l’EHTP ( Ecole Hassania des Travaux Publics ) et l’EMI ( Ecole Mohammédia d’ Ingénieurs) et l’ENIM ( Ecole Nationale de l’Industrie Minérale ) produisent des profils pour ce secteur. A cela s’ajoutent quelques dizaines d’étudiants ayant fait leurs études à l’étranger, pour la plupart en France. Tout ceci nous place, avec 9 ingénieurs pour 10 000 habitants, loin… très loin des performances européennes et même arabes. A titre d’exemple la Jordanie aligne 40 ingénieurs pour 10 000 habitants soit 4 fois notre score ! Et la France avec ses 130 est encore loin du Japon qui affiche un des records mondiaux soit 540 ! Ces chiffres éloquents qui nous placent dans les abysses des classements mondiaux montrent à quel point notre développement, générateur de prospérité, est gravement hypothéqué. Car la compétition est universelle, et dans la séduction nous n’avons, malheureusement, que la danse du ventre à présenter et faire valoir. Face à cette crise, l’Etat qui a été incapable de produire les contingents d’ingénieurs à même d’accompagner et d’assurer le développement s’est réveillé sous cette ère bénite de Mohamed VI pour lancer un programme ambitieux de formation de 10 000 ingénieurs et assimilés par an d’ici 2010 contre, dit-on, 4 000 actuellement toutes branches confondues. Avec le nouveau règne, notre économie se diversifie et des investissements importants sont consentis dans des secteurs porteurs tels les NTIC, l’offshoring, l’aéronautique ...et tout ceci implique une mise à niveau des infrastructures qui elles aussi nécessitent à leur tour des ingénieurs en grand nombre : ponts, routes, autoroutes, rocades…font appel aux compétences de bureaux d’études spécialisés et compétents encore peu nombreux chez nous. Sans compter les ingénieurs chefs de chantiers, conducteurs de travaux, directeurs techniques qui sont devenus aujourd’hui une perle rare ! Cette pénurie met aujourd’hui sérieusement en danger toute l’évolution de l’économie voulue ouverte et concurrentielle et qui, malgré les freins, est en train de réussir le pari d’attirer encore plus d’investissement. Dans le monde entier, les formations d’ingénieurs sont dispensées dans plusieurs types d’établissements. Primo, et traditionnellement les écoles dépendant des ministères autres que l’Education nationale : Défense, Equipement, Industrie, Agriculture (1/4 des écoles d’ingénieurs en France). Secundo, les écoles d’ingénieurs privées, notamment celles issues des Chambres de commerce et d’industrie (1/4 des écoles d’ingénieurs en France) et tertio les universités. Mais le programme des 10 000 ingénieurs et assimilés par an n’a pas intégré la donne du privé et aucune mesure dans ce sens n’a été prise en compte pour faire émerger des projets d’enseignements privés. Pourtant les ressources mobilisables existent. De nombreux praticiens sont aujourd’hui à un âge avancé et possèdent une expérience de terrain très concluante. Cette richesse si elle n’est pas transmise aujourd’hui risque de partir en fumée…ou en poudre pour être plus terre à terre, les experts étant très avancés en âge. C’est dans ce contexte à la fois exceptionnel, puisque le déficit est énorme, et en même temps préoccupant, car l’Etat n’a prévu aucune batterie de mesure pour accompagner les investisseurs, qu’est lancée cette école par des gens courageux venus à la rescousse d’un pays dont les forces vives désirent tant qu’il prenne le chemin du développement longtemps perdu de vue. Le Maroc de Mohamed VI ne veut plus attendre. Des ouvertures de cimenteries aux capitaux colossaux sont annoncées comme on annoncerait l’ouverture d’un super marché et les projets d’infrastructures forment le quotidien de l’information des marocains : TGV, Tramway sont les futurs moyens de locomotion que l’on promet à nos compatriotes. Pour accéder à ce rêve, des ingénieurs il en faudra beaucoup. L’EMG ( HYPERLINK "http://www.emg.ac.ma" www.emg.ac.ma) est attendu pour renforcer les flancs des troupes certes peu nombreuses mais compétentes et fidèles au poste. L’enseignement des grandes écoles marocaines est reconnu d’ailleurs par sa qualité à travers le monde et nos vaillants lauréats ne sont pas à l’abri de cette maladie qu’on appelle « la fuite des cerveaux » et qu’il faut lire, aujourd’hui, comme un manque de patriotisme. La carte d’identité des fondateurs est impressionnante puisque tous sont des professeurs émérites, chevronnés, bardés de diplômes et dont la plupart ont une expérience probante d’enseignant dans les grandes écoles d’ingénieurs nationales. Dès le départ il se ont planchés sur une charte ( voir encadré ) et ont pris des engagements fermes : Une formation scientifique, technique, pratique et managériale solide Une formation adaptée aux besoins réels du marché marocain et africain Un développement équilibré de l’esprit, des compétences et des valeurs citoyennes L’EMG proposera une formation initiale, système de formation modulaire conçu conformément au nouveau Cahier des Normes Pédagogiques Nationales (CNPN) relatif aux écoles supérieures avec cycle préparatoire intégré. Elle privilégiera également la polyvalence et la transversalité garantes d'une rapide insertion, d’une grande mobilité et d'une grande capacité d'adaptation ; qualités désormais fort recherchées dans un monde économique en continuelle mutation. Elle produira des ingénieurs en génie civil, avec option bureaux d’études ou chantier et des ingénieurs industriels. Mais elle proposera également de la formation continue sous forme de : Sessions spécialisées de formations continue de courte durée en temps aménagé Formations continues diplômantes en temps aménagé Formations spécialisées d’insertion Formations intra entreprise La fin de l’année scolaire approche et les promoteurs du projet préparent leur première rentrée : identification et charte graphique, prospectus, site internet…sont tous en train d’être finalisés afin de fournir tous les renseignements nécessaires au futurs ingénieurs qui ne manqueront pas d’être nombreux au rendez-vous. Souhaitons bonne chance à cette école
 
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