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Les « baraques de chantier », entre réglementation et usage
Mardi, 08 Juillet 2014 11:36

baraques-de-chantier

 

On les appelle familièrement « baraques », « bungalows », mais le terme exact serait plutôt « bâtiments modulaires » ou « cantonnements de chantier ». Dans ce dossier nous verrons en quoi ces constructions, qui tendent à se généraliser, sont un apport fondamental pour l’amélioration des conditions de vie des ouvriers du BTP. Nous verrons aussi comment ces bâtiments sont construits, quelles sont les différentes offres proposées et quelles sont les évolutions en cours.

 

Selon le code du travail : « l’employeur est tenu de prendre toutes les mesures nécessaires afin de préserver la sécurité, la santé et la dignité des salariés dans l’accomplissement des tâches qu’ils exécutent sous sa direction. » (article 24). Sur les conditions d’hébergement, il est précisé que : « L’employeur doit garantir l’approvisionnement normal en eau potable des chantiers et y assurer des logements salubres et des conditions d’hygiène satisfaisantes pour les salariés. » (article 281) Le non respect de ces dispositions est passible d’une amende de 2.000 à 5.000 dirhams. Sur le terrain, force est de constater que, sur la majorité des chantiers, les conditions élémentaires de sécurité et d’hygiène ne sont pas respectées. Les locaux dévolus aux ouvriers sont souvent des constructions en briques ou parpaings peu soignées, dépourvus d’isolation et du confort minimal. On peut distinguer deux types d’usage des bâtiments modulaires sur les chantiers : la partie administrative avec des bureaux, salles de réunion et la partie réservée aux ouvriers ou « base vie ». La base vie peut comporter des vestiaires, installations sanitaires, réfectoires, dortoirs... mais aussi une infirmerie ou tout autre élément jugé utile. Il n’existe pas de réglementation sur le nombre de sanitaires par chantier ou sur l’espace par employé. En attendant une législation marocaine précise, William Bourreau, directeur du pôle construction de l’entreprise Qualiconsult s’appuie sur les normes françaises comme le décret « Hygiène et sécurité dans les travaux du bâtiment, travaux publics » du 8 janvier 1965. D’après ce décret, certains éléments sont obligatoires comme les vestiaires, l’eau potable en quantité suffisante (un lavabo pour dix travailleurs), le réfectoire, d’autres sont optionnels. En cas d’hébergement sur place, les ouvriers doivent disposer d’un logement propre, aéré avec des fenêtres, pouvant être clos et à la température contrôlée (pas moins de 18°). Chaque personne doit disposer d’un espace d’au moins 6m², d’un lavabo pour trois, d’une douche pour 6, de cabinets d’aisance. Les professionnels et l’inspection du travail s’accordent sur le fait que les bâtiments modulaires sont les plus aptes à répondre à ces exigences. Alors pourquoi ne sont-ils pas davantage utilisés? Il s’agirait avant tout d’un manque d’information et d’anticipation de la part des maîtres d’ouvrage.


Les sociétés qui fabriquent ou louent des bâtiments modulaires sont essentiellement contactées lors de chantiers de grandes envergures quand le commanditaire a fixé expressément leur usage dans le cahier des charges. Etant donné qu’il n’existe pas une réglementation précise sur les baraques de chantier, l’usage est déterminé par les entreprises, les demandes sont par conséquent plus ou moins élaborées, au bon vouloir des décideurs. Les sites industriels comme l’OCP imposent à leurs sous-traitants l’utilisation de bâtiments modulaires. De même les ministères les intègrent de plus en plus dans le cahier des charges des marchés publics.

 

Yohann BOUIN

 

Paru dans Chantiers du Maroc N°116 - Avril 2014

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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