Technique et politique ne font pas bon ménage Imprimer
Mardi, 11 Octobre 2016 11:01

 

 

A la veille des élections il nous semble judicieux de rappeler un épisode douloureux que notre pays a vécu récemment. C est celui qu’a subi Hakima El Haité, Ministre déléguée chargée de l’environnement, laquelle se rappellera longtemps de cet été « chaud » par ses exceptionnels pics de température et, surtout, de l’affaire des « déchets italiens ».


Cette polémique aux relents politiques qui pue le règlement de compte entre diverses tendances au pouvoir a été crée de toute pièce pour salir et porter préjudice à une femme de pouvoir en plein exercice de ses fonctions. Sa mise au pilori a été demandée voire exigée alors que son initiative, tout à fait louable faisait entrer le Maroc dans le gotha des pays les plus avancés en matière de recyclage des déchets.
Le bateau incriminé était chargé de 250 tonnes de déchets triés de type RDF, non dangereux, en provenance d’Italie qui devaient constituer une première expérience en la matière pour les industriels marocains de ciment, comme cela se pratique dans les pays les plus avancés, l’Allemagne en tête. Ces déchets possèdent le double avantage de moins polluer les décharges pour lesquels ils étaient destinés et de servir de combustible aux cimenteries. Un combustible qui revient moitié moins cher que l’énergie fossile traditionnelle et qui fait gagner au pays autant de devises ! A l’instar de ce qui se passe pour la filière de collecte du verre ou de l’acier, cette opération devait être le prélude à une démarche ultérieure, de grande envergure, devant conduire le Maroc, à terme, vers une véritable industrie du recyclage de nos propres déchets.
Mais telle n’a pas été le sort de cette initiative heureuse et louable qui s’est retrouvée sous le feu croisé de politiciens véreux plus intéressés par les bénéfices en communication induits que par l’intérêt manifeste et évident du Maroc. A coups de communiqués et de messages sur les différents médias sociaux, ils n’ont pas hésité à livrer en pâture la Ministre en trompant délibérément le public sur les intentions plus qu’honorables qui étaient derrière cette démarche.


Notons, au passage, que les industriels du ciment, du haut de leur tour d’ivoire, n’ont pas daigné communiquer, en amont, sur le bien fondé de leur démarche. Ils auraient pu, par exemple, avant que le fameux bateau n’accoste, organiser une conférence de presse pour expliquer aux marocains le bien fondé de leur entreprise. Ce faisant, tout le monde aurait accordé un crédit immense à leur estimable dessein. Au lieu de ça, ils ont laissé passer la tempête se satisfaisant de quelques malheureux communiqués.
Le mal était fait !

Fouad Akalay